L'Etendard

(depuis 1988)

 

Original :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Transcription :

 

« Monseigneur

Monseigneur l’illustrissime et Révérendissime

Evêque Comte de Toul, prince du St Empire, Conseillié du

Roy en ses Conseils

 

 

Supplient très humblement les Curés, Marguilliers, maire,

sindics et habitants de la paroisse de Void, disans que les biens anciens

de leur fabrique ayant été aliénés pour le rachat de leurs prisonniers

faits durant les guerres dans le païs lors de la réduction des Evéchés

sous l’obéissance du Roy, les fidèles commençant déjà à respirer par

la paix en marquèrent leur reconnoissance. A cet effet au comencement

du dernier siècle, presque tous les paroissiens du dit lieu,riches et

pauvres, le mari et la femme, à l’imitation l’un de l’autre fondaient

un obit chacun selon son pouvoir ; ce qui a duré jusqu’à l’an nonante

deux du même siècle temps auquel le Roy ayant prélevé le droit

d’amortissement à lui deus des biens ecclésiastiques. Des marguilliers

et paroissiens trop crédules aux persuasions des préposés à ce droit

auroient non seulement payé l’amortissement du peu de fond dont

la fabrique jouissoit, mais encore des obligations et constitutions 

qui provenoient des donations faites pour obits, les capitaux ayant

été diminuéz, les rentes le furent à proportion, on fut même

obligé de réduire les obits ; mais aussi on vit bien tost

rallentir la ferveur des paroissiens envers leur Eglise.

Toutes ces fondations quoy que fort modiques en apparence ne

laissoient pas que d’avoir produit durant ce temps un capital

de prés de sept-mil et cinq cens livres et fournississoient un revenu

assez honnête à la fabrique après en avoir acquitté les charges : pendant

les quarante premières années les rentes étoient stipulées au denier

douze, l’espèce étoit fort rare, les denrées à vil prix et la rétribution

de la messe n’étoit que du six et huit gros barrois de sorte que la

fabrique profitait presque des deux tiers des revenus de ces fondations

et telle paroissoit être l’intention des fondateurs. 

 

Depuis l’an quarente jusqu’à près de trente ans après

les rentes n’ayant été stipulées qu’à sept pour cent, et la

rétribution de la messe étant augmentée jusqu’à douze et quinze

gros barrois, la fabrique fit fonder les obits à proportion de

manière qu’elle profitât toujours plus de moitié pour les charges

diceux.

La fabrique trouvoit de même son compte aux fondations qui

furent faites jusqu’à la fin du siècle. Mais (comme les suppliants

ont déjà eû l’honneur de le faire remarquer à votre grandeur) le

Roy ayant tiré l’amortissement de ces fondations, les débiteurs

pour se libérer d’une rente excessive ayant remboursé insensiblement les

capitaux ; les nouvelles constitutions n’estant stipulées qu’au

denier vingt, même quelqu’unes à moins, ce revenu qui paroissoit

considérable est réduit maintenant à peu de chose, et ce capital

de près de sept mil cinq cens livres se trouve tellement

diminué que ce qu’il en reste ne produit plus que deux cens

soixante et neuf livres d’intérêst.

La fabrique après la réduction faites des obits l’ors de

l’amortissement se trouve encore aujourd’hui et en considération

de ces deux censsoixante neuf livres d’intérêst  chargée de

deux censtrente six messes, cent nocturnes, et huit vêpres,

 de sorte que distraction faite de la rétribution des dites nocturnes

et vêpres, il ne reste à la fabrique que vingt deux sols par

chaque messe, ce qui n’est que pour la rétribution des prêtres et

chantre, et la fabrique n’ayant rien de ces fondations pour

subvenir aux autres charges, il n’est pas étonnant qu’avec les

revenus de ses biens fonds et les charités des bonnes gens, elle se

trouve redevable par son dernier compte d’une somme de

vingt cinq livres, qu’oy qu’il n’y ait dépense extraordinaire

et que jusqu’à present elle n’ayt payé que quinze sols pour

la rétribution de la première messe de chaque obit et douze

pour la seconde et le reste à proportion comme le tout

est justifié par le chapitre de dépense du compte rendu

l’an present et comme les supplians prévoient

que dans la suitte leur fabrique ne sera en état

 

 

de fournir aux charges de telles fondation que d’ailleurs

il ne seroit juste que le peu de profit qu’elle tire de celles fondées

en héritages fut employé à subvenir aux autres dont les capitaux

et revenus ne sont diminués par la faute n’y négligence mais bien

par le fait du prince dont elle ne doit estre garante ils sont

obligé d’avoir recours à l’authorité de vôtre grandeur.

  Ce Considéré monseigneurveu le rolle des

fondations et le compte cy joints il vous plaise reduire les

fondations d’obits faites en leur église paroissiale n’ayant

revenus suffisant ;ce faisant ordonner que plusieurs seront

unies jusqu'à la concurrance de quarente cinq sols de rente par

chacune messe haute, ou telle autre qu’il vous plaira préfigé, les

vigiles et vêpres à proportion.

Les suppliants ajoûtent que le Sr henry braconnotdés les premières

années de ce siècle par son testament a fondé à l’église paroissiale du dit

Void une messe du très St Sacrement tous les troisièmes jeudis de chaque

mois de l’année, avec une messe de Requiem après avec la bénédiction

au soir, pourquoy il aurait donné à la fabrique du dit lieu en contrat

de constitutions le fond de quarente trois livres de rentes annuelles,

et que par ce même testament il a donné quantité de bien fonds à

laditte fabrique à charge par elle de faire célébrer en ladite Eglise

tous les premières mercredy de chacun mois de l’année, une messe

de St Joseph avec une messe de Requiem après,& tous les premieres

samedy aussi de chacun mois une messe de la Ste Vierge

pourquoy elle retiendroit des revenus des dits biens, une somme de

cinquante trois livres douze sols, et le surplus par elle delivré à

la charité dudit lieu, Et comme ces revenus de quarente trois livres

& de cinquante trois livres douze sols, ne montent qu’a celles

de nonante sis livres douze sols et qu’il convient délivré

celle de soixante et onze livres pour retributions des prêtres et

chantres et qu’il ne reste plus à la ditte fabrique que vingt cinq livres

douze sols pour le surplus des charges qui en sont assez grosses ce qui

n’est pas suffisant, Il vous plaise ordonné qu’à lavenir il sera

pris sur ledit bien jusqu’à la concurrence de cent livres au lieu de

cinquante trois et les suppliants prieront Dieu pour la

 

 

prospérité & santé devôtre grandeur.

 

Joseph Hussenot                                       C Autroth

curé                                                             maire

 

 C Husson                             E Thieny                     J Thierry

sindicsindic                            marguiller                          marguiller

 

 

Veu la présente requete, l’état général de tous les obits fondés dans l’église paroissiale de

Void,et le dernier compte de la fabrique de la dite Eglise rendu le 27 novembre dernier,

contenant le nombre des obits, les fonds légués pour leur acquits et le produit actuel qu’elle

en perçoit , ouy aussi sur le tout le sr curé du dit Void et le sieur Pelletier lieutenant des

prevot député de la cause, considérant aussy la diminution des fonds legués, la réduction

des rentes par le payement des amortissements que le Roy a exigé et surtout l’augmentation

du prix des choses necessaire pour l’acquis du service divin dont la dite fabrique est chargée.

Tout veu, considéré et meurement examiné ,Nous ordonnons que pour l’acquis d’un obit

composé d’une messe haute suivie d’un libera il sera payé pour rétribution au sieur

Curé vingt sols ; au maitre d’ecole cinq sols, et à la fabrique vingt sols pour le luminaire

et fournitures des linges, pain vin ornements et sonneurs ; en sorte que la rétribution de chaque obit

composé comme cis dessus sera de quarante cinq sols ;Que pour la rétribution

d’une messe haute sans obsèques et libera la rétribution du prêtre sera de dix sept sols

et celle du maitre d’école de quatre sols trois deniers, et celle de la fabrique de quinze sols.

Que tous les obits dont les fonds sont suffisant pour satisfaire aux rétributions

spécifiées cy dessus subsisteront en leur entier ,et seront acquitter selon les intentions des

fondateurs, mais que des autres dont les fonds sont insufisants, on en joindra ensemble

autant qu’il sera nécessaire pour faire les rétributions cy dessus marquées,et qu’à l’égard des

messes du St sacrement et des bénédictions fondées par feu henry Braconot, le sieur curé aura

vingt quatre livres pour les messes et cinq livres pour les bénédictions.Le maitre d’Ecole cent sols. Pour

les autres messes de requiem fondées par le meme au nombre de trente six le sieur curé aura

trente livres dix sept et le maitre d’école sept livres quatorze sols et la fabrique jouira

du surplus des rentes pour ce léguées. Fait à Toul ce vingt deux décembre 1726

 

Sç Jérôme Evq de Toul

Par Monseigneur

Brou »

 

Traduction : 

 

 

Monseigneur l’illustrissime et Révérendissime

 

Evêque Comte de Toul, prince du St Empire, Conseillé du Roi en ses Conseils

 

Les Curés, Marguilliers, maire, syndics et habitants de la paroisse de Void,

                         Supplient très humblement

 

Monseigneur

En disant que les biens anciens

de leur fabrique ayant été aliénés pour le rachat de leurs prisonniers

faits durant les guerres dans le pays lors de la réduction des Evêchés

sous l’obéissance du Roy, les fidèles commençant déjà à respirer par

la paix en marquèrent leur reconnaissance. A cet effet au commencement

du dernier siècle, presque tous les paroissiens du dit lieu, riches et

pauvres, le mari et la femme, à l’imitation l’un de l’autre fondaient

un obit* chacun selon son pouvoir ; ce qui a duré jusqu’à l’an quatre vingt

douze du même siècle (1692) temps auquel le Roy ayant prélevé le droit

d’amortissement à lui dû des biens ecclésiastiques, des marguilliers

et paroissiens trop crédules aux persuasions des préposés à ce droit

auraient non seulement payé l’amortissement du peu de fond dont

la fabrique jouissait, mais encore des obligations et constitutions 

qui provenaient des donations faites pour obits. Les capitaux ayant

été diminués, les rentes le furent à proportion, on fut même

obligé de réduire les obits ; mais aussi on vit bientôt

ralentir la ferveur des paroissiens envers leur Eglise.

Toutes ces fondations quoique fort modiques en apparence ne

laissaient pas que d’avoir produit durant ce temps un capital

de près de sept mille et cinq cents livres et fournissaient un revenu

assez honnête à la fabrique après en avoir acquitté les charges : pendant

les quarante premières années les rentes étaient stipulées au 1/12 (8,3%),

l’espèce était fort rare, les denrées à vil prix et la rétribution

de la messe n’était que de six et huit gros barrois de sorte que la

fabrique profitait presque des deux tiers des revenus de ces fondations

et telle paraissait être l’intention des fondateurs. 

 

 

* obit : somme placée, dont les intérêts payer des messes pour les morts.

 

Depuis l’an quarante jusqu’à près de trente ans après

les rentes n’ayant été stipulées qu’à sept pour cent, et la

rétribution de la Messe étant augmentée jusqu’à douze et quinze

gros barrois, la fabrique fit fonder les obits à proportion de

manière qu’elle profitât toujours plus de moitié pour les charges

de ceux ci.

La fabrique trouvait de même son compte aux fondations qui

furent faites jusqu’à la fin du siècle. Mais (comme les suppliants

ont déjà eu l’honneur de le faire remarquer à votre grandeur) le

Roy ayant tiré l’amortissement de ces fondations, les débiteurs

pour se libérer d’une rente excessive ayant remboursé insensiblement les

capitaux , les nouvelles constitutions n’étant stipulées qu’a u 1/20(5%),

même quelques-unes à moins, ce revenu qui paraissait

considérable est réduit maintenant à peu de chose, et ce capital

de près de sept mille cinq cents livres se trouve tellement

diminué que ce qu’il en reste ne produit plus que deux cent

soixante neuf livres d’intérêt.

La fabrique après la réduction faite des obits lors de

l’amortissement se trouve encore aujourd’hui et en considération

de ces deux cent soixante neuf livres d’intérêt  chargée de

deux cent trente six Messes, cent nocturnes, et huit vêpres,

 de sorte que distraction faite de la rétribution desdits nocturnes

et vêpres, il ne reste à la fabrique que vingt deux sols pour

chaque Messe, ce qui n’est que pour la rétribution des prêtres et

chantre, et la fabrique n’ayant rien de ces fondations pour

subvenir aux autres charges, il n’est pas étonnant qu’avec les

revenus de ses biens fonciers et les charités des bonnes gens, elle se

trouve redevable par son dernier compte d’une somme de

vingt cinq livres, quoiqu’il n’y ait dépense extraordinaire

et que jusqu’à présent elle n’ait payé que quinze sols pour

la rétribution de la première Messe de chaque obit et douze

pour la seconde et le reste à proportion comme le tout

est justifié par le chapitre de dépense du compte rendu

l’an présent et comme les suppliants prévoient

que dans la suite leur fabrique ne sera en état

 

de fournir aux charges de telles fondation que d’ailleurs

il ne serait juste que le peu de profit qu’elle tire de celles fondées

en héritages fut employé à subvenir aux autres dont les capitaux

et revenus ne sont diminués, ni par  faute, ni par négligence, mais bien

par le fait du prince dont elle ne doit être garante ils sont

obligés d’avoir recours à l’autorité de votre grandeur.

  Ce considéré, monseigneur, vu le rôle des

fondations et le compte ci joints il vous plaise de réduire les

fondations d’obits faites en leur église paroissiale n’ayant pas de

revenu suffisant; ce faisant ordonne que plusieurs seront

unies jusqu'à la concurrence de quarante cinq sols de rente pour

chaque Messe chantée, ou telle autre qu’il vous plaira préfixé, les

vigiles et vêpres à proportion.

Les suppliants ajoutent que le Sr Henry Braconnot dès les premières

années de ce siècle par son testament a fondé à l’église paroissiale de

Void une Messe du très St Sacrement tous les troisièmes jeudis de chaque

mois de l’année, avec une Messe de Requiem après avec la bénédiction

du soir, pourquoi il aurait donné à la fabrique du dit lieu en contrat

de constitutions le fond de quarante trois livres de rentes annuelles,

et que par ce même testament il a donné quantité de biens fonds à

laditte fabrique à charge par elle de faire célébrer en ladite église

tous les premiers mercredis de chaque mois de l’année, une Messe

de St Joseph avec une Messe de Requiem après,& tous les premiers

samedis aussi de chaque mois une Messe de la Ste Vierge

pourquoi elle retiendrait des revenus des dits biens, une somme de

cinquante trois livres douze sols, et le surplus par elle délivré à

la charité dudit lieu, Et comme ces revenus de quarante trois livres

& de cinquante trois livres douze sols, ne se montent qu’à

quatre vingt seize livres douze sols  et qu’il convient retirer

soixante et onze livres pour rétributions des prêtres et

chantres, il ne reste plus à la dite fabrique que vingt cinq livres

douze sols de surplus pour ses charges qui en sont assez grosses : ce qui

n’est pas suffisant. Il vous plaise d’ordonner qu’à l’avenir il sera

pris sur ledit bien jusqu’à la concurrence de cent livres au lieu de

cinquante trois et les suppliants prieront Dieu pour la

 

prospérité & santé de vôtre grandeur.

 

Joseph Hussenot

curé (de 1711 à 1729)                                                    maire

 

syndic                    syndic                marguillier   marguillerie

 

Vu la présente requête, l’état général de tous les obits fondés dans l’église paroissiale de

Void, et le dernier compte de la fabrique de ladite église rendu le 27 novembre dernier,

contenant le nombre des obits, les fonds légués pour leur acquits et le produit actuel qu’elle

en perçoit , entendu aussi sur le tout le sieur curé deVoid et le sieur Pellisier lieutenant et

prévôt député de la cause, considérant aussi la diminution des fonds légués, la réduction

des rentes par le payement des amortissements que le Roi a exigé et surtout l’augmentation

du prix des choses nécessaires pour l’acquis du service divin dont la fabrique est chargée.

Tout vu, considéré et mûrement examiné, Nous ordonnons que pour l’acquis d’un obit

composé d’une Messe chantée suivie d’un libera sera payé pour rétribution au sieur

Curé vingt sols ; au maître d’école cinq sols, et à la fabrique vingt sols pour les luminaires

et fourniture des linges, pain vin ornements et sonneurs ; en sorte que la rétribution de chaque obit

composé comme ci dessus sera de quarante cinq sols ;Que pour la rétribution

d’une Messe chantée sans obsèques et libera la rétribution du prêtre sera de dix sept sols

et celle du maître d’école de quatre sols trois deniers, et celle de la fabrique de quinze sols.

Que tous les obits dont les fonds sont suffisants pour satisfaire aux rétributions

spécifiées ci dessus subsisteront en leur entier ,se feront acquitter selon les intentions des

fondateurs, mais que les autres dont les fonds sont insuffisants, on en joindra ensemble

autant qu’il sera nécessaire pour faire les rétributions ci dessusmarquées,et qu’à l’égard des

Messes du St sacrement et des bénédictions fondées par feu Henry Braconot, le sieur curé aura

vingt quatre livres pour les Messes et cinq livres pour les bénédictions, le maître d’école cent sols. Pour

les autres Messes de requiem fondées par le même au nombre de trente six le sieur curé aura

trente livres dix sept sols et le maître d’école sept livres quatorze sols et la fabrique jouira

du surplus des rentes léguées pour cela. Fait à Toul ce vingt deux décembre 1726.

Sç Jérôme Evq de Toul.